Semaine 3 : quels sont les liens entre production agricole et météo ?

Bonjour à tous,

Vous conviendrai avec moi que pour mieux s’adapter au changement climatique, il est important pour les agriculteurs et les agricultrices d’avoir des renseignements météorologiques fiables.

Le fait d’avoir un accès restreint aux prévisions météorologiques fiables peut limiter sérieusement leur capacité à bien panifier leurs activités agricoles.

Cette semaine, nous allons voir l’importance des systèmes météorologiques dans les émissions proposées aux agriculteurs et aux agricultrices.

Pour entamer la discussion, nous aimerions savoir :

  1. Que vous disent les agriculteurs et les agricultrices à propos des prévisions météorologiques et de leur fiabilité?

  2. Comment vous, en tant que radiodiffuseur ou radiodiffuseuse, utilisez-vous (ou non) les bulletins météorologiques dans vos émissions?

  3. Vous servez-vous de méthodes de prévision météorologique plus traditionnelles (faiseurs de pluie, etc.) et si tel est le cas, comment les incorporez-vous dans vos émissions? Citez des exemples.

De plus, cette semaine, nous parlerons d’un système d’information météorologique particulier avec un invité spécial. En 2013, Radios Rurales Internationales et notre laboratoire d’innovations en matière de radio et de technologies de l’information et des communications (TIC), The Hangar, a mis sur pied un service dénommé « Utabiri wa hali ya hewa » (qui signifie « Bip pour la météo en swahili).

Il s’agit d’un service radiophonique accessible par téléphone cellulaire, conçu pour permettre aux radiodiffuseurs et aux radiodiffuseuses de recevoir d’importants renseignements météorologiques et agricoles sur leurs téléphones cellulaires.

Ces derniers doivent appeler une station de radio et raccrocher rapidement (action de biper). Ils recevront en retour un appel, gratuit, pour écouter un message enregistré.

Pour parler de ce service, nous avons le plaisir d’accueillir Kassim Sheghembe, l’agent responsable des TIC de Radios Rurales Internationales en Tanzanie, qui nous expliquera le fonctionnement du système « Bip pour la météo » et nous donnera des exemples sur la façon dont les radiodiffuseurs informent les communautés agricoles tanzaniennes au moyen de « Bip pour la météo ».

Il répondra également à vos questions pendant toute la semaine.

Très bonne semaine de discussion à tous.

Inoussa.

Y a quelqu’un ??? Vous êtes où @Serge @Danieladdeh @cirage @Bbalima @pmassanga @Charles

Bonjour à tous.

Je vous reviens après quelques jours d’absence.Dans mon pays le Togo,la plupart d’agriculteurs travaillent de manière empirique.Beaucoup ne sont même pas au courant de l’existence d’une station météorologique .Ceux qui,par exemple,utilisent les données du service météorologique ,affirment que ces prévisions sont loin de la réalité.

Par ailleurs en tant que radio diffuseur,nous n’utilisons pas régulièrement les prévisions météorologies dans nos émissions.Mais depuis que les conséquences des changements climatiques se sont accentuées, beaucoup de radios rurales s’en servent pour amèner les agriculteurs à prendre conscience de la situation.

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Bonjour tout le monde,

Je m’appelle Kassim Sheghembe et je suis l’agent chargé des TIC de Radios Rurales Internationales, en Tanzanie. Comme l’a souligné Maïga dans le message antérieur, en 2013, nous avons travaillé avec une station de radio (Radio Sauti ya Injili) au nord de la Tanzanie. J’ai travaillé avec un journaliste qui était chargé de collecter les données sur les prévisions météorologiques, interviewer un expert et produire un contenu vocal et un contenu de messages SMS. Toutes les semaines, la station diffuse de nouvelles prévisions météorologiques le lundi. Lorsque les nouvelles prévisions sont prêtes, une alerte est envoyée par SMS aux auditeurs et aux auditrices inscrits et une publicité est diffusée à la radio pour demander aux auditeurs et aux auditrices de biper afin d’obtenir les nouveaux renseignements météorologiques.

Nos renseignements météorologiques contiennent des prévisions météorologiques, ainsi que des conseils prodigués par un expert. Nous nous sommes aperçus que le tout n’était pas de communiquer simplement des prévisions météorologiques aux agriculteurs et aux agricultrices, car ces derniers ne savent pas comment convertir ces prévisions en renseignements pratiques. Par exemple : lorsque les prévisions indiquent qu’il fera 30OC ou qu’il tombera 56 mm de pluie, il s’agit là d’informations très techniques, et il est nécessaire qu’un spécialiste les traduise dans un langage que les agriculteurs et les agricultrices peuvent comprendre et leur donne des conseils par rapport aux dispositions qu’ils doivent prendre lorsqu’une situation météorologique particulière se présente.

Grâce à ces renseignements, les agriculteurs et les agricultrices ont pu prendre des décisions par rapport à diverses activités agricoles, dont, par exemple : la période propice à l’application des pesticides, au sarclage et aux récoltes. De plus, comme mentionné dans un des messages précédents, il peut s’agir de décisions simples comme, quand aller au champ et quand ne pas y aller à cause de la pluie par exemple.

Voici un lien qui vous permettra de mieux comprendre en quoi consistait le système « bip pour la météo »

Lorsque les auditeurs et les auditrices laissent un appel manqué au numéro communiqué, ils reçoivent un appel en retour qui leur fournit ces renseignements.

Kassim Sheghembe

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Je suis Epangue Serge Christian de mon petit nom cirage. Notre station communautaire ne diffuse pas des informations météorologiques. En réalité, il existe certes dans le chef lieu de notre département un e station météorologique qui ne fonctionne plus depuis une dizaine d’année. Or si celle ci était fonctionnelle la radio communautaire la voix de la diversité de bars bakem diffuserait toutes les informations meteorogiques sur le temps qu’il fera.et ces prévisions permettraient ainsi aux agriculteurs de prendre des décisions et les bonnes d’ailleurs sur les activités agricoles a mener ou et quand.

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@Danieladdeh je partage bien ce constat. Je crois que là où ça interpelle et que la radio peut jouer un rôle c’est d’améliorer la connaissance et la compréhension de la météo. Vu qu’il s’agit de « prévisions ». A mon avis il serait surtout intéressant montrer quel usage peut être fait de ces informations. Qu’en penses-tu?

Effectivement la disponibilité des informations sur la météo est un premier frein. Je suis donc bien d’avis avec toi @cirage. C’est aussi le cas au Burkina.

Mais qu’en penses-tu des connaissances empiriques des paysans sur la météo ? Est-ce que de nos jours l’observation des faits de la nature pour déterminer par exemple une pluie imminente, se fait de moins en moins avec succès du fait des variations du climat ? Avez-vous des témoignages d’agriculteurs sur la question ?

@Bbalima @cirage @Danieladdeh @Lamine @Charles @TANG ne manquez pas cette intervention très riche en enseignements qu’a fait @Kassim.

Vous êtes où? Je veux avoir votre avis sur son témoignage.

Bonjour @Kassim

Grand merci pour cette brillante contribution. J’en apprends beaucoup. Je note deux choses qui me semblent très intéressantes dans votre expérience. La première chose c’est le fait d’associer le téléphone portable et la radio, tout cela précédé dans un travail de collecte et d’élaboration des informations.

La seconde chose, c’est le fait d’adapter les informations météorologique dans une forme plus accessible aux agriculteurs. Ils ont plus besoin d’informations empiriques que de données chiffrées qui leur parlent peu.

En même temps, cela veut dire que pour la radio il ne suffit pas, même si elles sont disponibles, de collecter les informations sur la météo et les diffuser pour que cela puisse avoir un impact. Il y a un travail important de réécriture des informations que doit faire la radio.

La question que je me pose est de savoir comment créer ces compétences au sein de nos radios ?

Inoussa.

Je suis tout a fait d’accord.

Auparavant l’expérience empirique qu’avait les agriculteurs semblait automatique . il pouvait après avoir scruter le ciel conclure sur le temps qu’il ferait. Soit qu’il pleuvra, il fera soleil…et cette lecture corroborant avec le temps qu’il faisait après. Aujourd’hui leur pronostic si je peut le dire entre guillemets sont en déphasage avec le temps prévu avec le dérèglement des saisons. Même s’il ne s’en revenait pas avant aujourd’hui ils comprennent peu a peu.

Au Niger, les informations météorologiques sont relayées par la radio nationale. Mais depuis quelques années le service de la météo a créé un mailing list pour informer tous ceux qui sont intéressés par les données. Je suis personnellement adhéré.
De manière empirique, au Niger plusieurs données basées généralement sur l’observation du ciel pour fixer la situation météo. Mais avec le dérèglement climatique personne ne peut faire un pronostic.

Bonjour @IMaiga,

Merci pour ta question que je trouve intéressante. Personnellement, je crois que les radiodiffuseurs/journalistes jouent le rôle d’intermédiaire en ce qui a trait à l’information. Ce que je veux dire par là c’est qu’ils récupèrent les informations à la source, à savoir dans les bulletins d’information météorologique, les services en ligne, etc., puis les transforment en des renseignements qui bénéficieront à leurs auditoires. Voici par exemple le rôle qu’a joué notre journaliste dans le cadre du service « Bip pour la météo ». Rotilinde (radiodiffuseuse/journaliste) devait recueillir des prévisions météorologiques auprès de différentes sources. En effet, nous faisions appel à différentes sources pour améliorer la prévisibilité de la météo. Ainsi, Rotilinde devait utiliser des services en ligne tels que Weather Channel, Toto Agriculture et comparer les prévisions météorologiques faites par chacun d’eux avec les renseignements fournis par l’agence météorologique de la Tanzanie (TMA) afin de mettre au point des prévisions que pouvaient comprendre les agricultrices et les agriculteurs. Dans les bulletins proposés par ces deux services, vous noterez que les renseignements sont présentés dans un jargon scientifique. Par conséquent, il fallait que Rotilinde les traduise dans un langage compréhensible pour les agricultrices et les agriculteurs. Par exemple : au lieu de dire qu’il fera 32 degrés centigrades, elle dira qu’il fera très chaud dans cette région. Ou plutôt que de parler de 11 mm de pluie, elle dira que cette région recevra une averse.

Après avoir achevé ce travail, Rotilinde (radiodiffuseuse/journaliste) devait interviewer un expert pour qu’il conseille les agricultrices et les agriculteurs par rapport à ces prévisions météorologiques, et qu’il leur explique ce que celles-ci impliquaient pour leurs activités agricoles. Par la suite, il fallait agencer et procéder au montage de tout le contenu pour produire une pièce sonore de trois minutes contenant des renseignements météorologiques complets adaptés aux besoins de son auditoire formé d’agriculteurs et d’agricultrices dans ce cas précis. Nous avions également l’habitude de partager cette pièce sonore avec les stations de radio, afin qu’elles puissent s’en servir dans leurs émissions agricoles.

Alors, @IMaiga, je crois que vous possédez les compétences nécessaires, c.-à-d. les compétences d’un radiodiffuseur et d’un journaliste. Vous disposez également des sources d’information, dans la mesure où il existe de nombreux outils en ligne. Toutefois, pour pouvoir situer les responsabilités, je pense qu’il est préférable d’avoir recours aux sources locales.

Kassim Sheghembe

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Bonsoir à tous,

La semaine s’achève, la discussion sur ce thème continue. Ceux qui souhaitent peuvent encore apporter leurs contributions. Je vous encourage à poursuivre la discussion.

Nous avons eu des échanges très intéressants et enrichissants cette semaine. Comme l’ont souligné @Danieladdeh @Bbalima @cirage les informations sur la météo ne sont pas toujours disponibles et à la portée des agriculteurs et agricultrices. Et même quand elles sont disponibles, les diffuser en l’état à l’endroit des auditoires agricoles ne garantit pas leur compréhension.
Pour que ça fasse sens pour les agriculteurs et agricultrices, il est important de reformuler les informations météorologique sous une forme empirique. L’expérience de la Radio Sauti ya Injili au nord de la Tanzanie dont nous a fait cas @Kassim a permis de comprendre toute l’importance du travail de la radio dans ce domaine.

Merci à tous pour cette belle discussion.

Inoussa